NOUVEAUTÉS

Nos 5 blasons - Le numéro 3 est paru ! Cliquez ici pour le sommaire détaillé


Le Roeulx - Nos cinq communes de la Belle Epoque à l'armistice de 1918 - Le nouveau livre du cercle d'histoire.

200 pages de récits et d'images qui relatent le quoditien des citoyens des années fastes de la Belle Epoque aux années de misères de la Grande Guerre.

Prix de vente : 20 EUR Cliquez ici pour les informations détaillées


Vous cherchez des informations sur le passé  ou l'histoire de l'entité ? Cliquez ici pour afficher le relevé des articles parus dans la revue


Réédition par le Cercle d'Histoire du livre "Le Roeulx Toponymie -  Histoire locale"  de Charles FRIART.

Livre en couleurs et avec d'abondantes nouvelles illustrations. Disponible au prix de 40 EUR. Cliquez ici pour plus de détails


Edition du livre "Sauvons nos chapelles" 

Ouvrage en couleurs de 65 pages reprenant photos et informations sur toutes les chapelles de l'entité.  Disponible au prix de 15 EUR. Cliquez ici pour plus de détails


Catalogue de l'exposition "Verreries et céramiques de la région du Centre"

Catalogue en couleurs de plus de 250 pièces de l'exposition. Disponible au prix de 20 EUR.

AGENDA
ABONNEMENT
"NOS 5 BLASONS"


Cliquez ici pour vous abonner à notre revue trimestrielle.

Actualité » La pandémie : cela se passe chez nous !

Publié le 08/06/2020



Pour ce 150ème numéro de la revue « Nos 5 Blasons », on aurait difficilement imaginé pire que cette pandémie causée par le Covid-19.

Cet événement sanitaire mérite quelques constatations, en avril 2020, constatations qui deviendront sans doute obsolètes dans les prochains jours ou semaines, tant l’adversaire est sournois et mouvant.
Au début de cette année, nos contemporains éprouvaient bien quelque crainte face à l’accélération per-manente de nos sociétés, au néolibéralisme sauvage, à la destruction de notre environnement, au dérè-glement de la biodiversité… Mais de là à imaginer une crise sanitaire chez nous !

Or voilà tout à coup que nous découvrons la fragilité de notre société, comme si le risque n’avait jamais existé que chez les autres, loin, très loin. Tragique expérience de notre vulnérabilité et de notre dépen-dance technologique et industrielle ! Nous pensions vivre confortablement dans un monde solide qui se révèle subitement sans base et qui vole en éclats à la première crise majeure.
Les historiens de l’Antiquité nous ont décrit les épidémies de peste à Athènes ou à Rome, les ravages de la lèpre ou de la variole.
Au Moyen Âge, la peste noire extermina, entre 1347 et 1352, environ 75 millions de personnes, soit 30 à 50% de la population européenne.
Le développement des échanges commerciaux et humains signifie aussi import-export de paludisme, rougeole, tuberculose, choléra…
Durant l’hiver 1664-1665, la grande peste de Londres fait 100.000 victimes.
Au Roeulx, à la rue de la Renardise, une chapelle de 1703 invoque St Roch : « O glorieux Sainct Roch, en la peste patron singulier, d’icelle garde nous toujours… »
Une léproserie existe en dehors des portes de la ville ; elle est aujourd’hui aménagée en habitation.
Dans son remarquable ouvrage « Le Roeulx, toponymie, histoire locale », Charles Friart mentionne la peste de 1636 au Roeulx : « En soignant le pauvre peuple oppressé de contagion, les sœurs Marie Sapurreux et Jeanne Castillon sont atteintes et décèdent les 5 et 19 octobre 1636. »
Cette discrète petite chapelle rhodienne porte la date de 1638 et l’inscription : « Le temps passe et la mort aprosse ».

Alors comme aujourd’hui, les pouvoirs publics tentent d’apaiser l’émotion avec la création de traités de santé publique. Un conseil sanitaire international est fondé en 1838 et la grande conférence de Paris, en 1851, semble rassurer tout le monde. Mais quelques années plus tard, se déclenche chez nous une incroyable épidémie de choléra.
Le Docteur en Histoire Gérard Bavay relève 300 morts du choléra à Soignies, en 1866-1867.
Dans « Nos 5 Blasons » numéro 4 de 2015, Benoît Hautenauve a réalisé une excellente synthèse riche-ment documentée de cette épidémie au Roeulx. Causes et symptômes y sont décrits tandis que divers graphiques dressent l’inventaire des décès, 55 pour nos 5 communes. Benoît Hautenauve détaille les moyens mis en œuvre et notamment l’action du docteur Adrien Faucon, du garde champêtre Jean Adam Coppin et de l’architecte Guillaume Müller. Le chaulage des façades est préconisé. Les pauvres seront aidés dans cette tâche. Les autres prendront l’initiative qui persistera, comme le montrent quelques cartes postales des environs de 1900. La chaux était utilisée comme assainissant intérieur et extérieur. En façade, elle protégeait les anciens matériaux tout en les laissant respirer.

Dans « Nos 5 Blasons » numéro 2 de 2011, Jean Ramlot, exceptionnel président honoraire du CPAS, relève l’action des hospices civils et du Bureau de Bienfaisance du Roeulx, sur fond d’épidémie. Il s’agit cette fois d’une épidémie de variole qui sévit en 1865 juste avant le choléra. Voici quelques extraits de la réponse du Bureau de Bienfaisance à l’Administration communale en date du 10 septembre 1865.
« Les maisons de pauvres qui le nécessitent seront blanchies à la chaux.
On ne peut pas mettre les malades épidémiques dans la salle de l’hospice. Or on ne peut pas les aban-donner non plus. Donc il serait avantageux de construire une salle entièrement séparée dans le jardin de l’hôpital. »
Suivent des considérations sur les moyens financiers à dégager et la nécessité de cette salle « en cas de mauvais typhus ». Ce ne fut pas le typhus mais le choléra.
Notre but n’est pas d’asphyxier le lecteur avec la litanie des sinistres fléaux qui ont frappé nos régions mais de montrer qu’ils ont toujours existé. « La grippe dite espagnole » extermina environ 100 millions de personnes déjà très affaiblies par les privations de la guerre 14-18.
Mais alors, qu’est-ce qui diffère aujourd’hui ?
Nous prendrons comme exemple la grippe dite de Hong Kong qui, en 1968-1969, fit un million de victimes dans l’indifférence générale. Décelé en juillet 1968, en provenance de la Chine centrale, le virus s’attaque ensuite aux États-Unis où il crée une épidémie majeure en automne et en hiver. 50.000 morts en 3 mois ! Les virologues ne s’inquiètent guère. A la TV française en décembre 1968, l’Institut Pasteur déclare que « l’épidémie évoluera probablement comme une épidémie saisonnière assez banale. » Son raisonnement est que ceux qui ont vécu la grippe asiatique de 1956-1958, qui a fait 3 millions de morts, sont sans doute immunisés contre celle qui arrive.
Quant aux médias de l’époque, ils minimisent, voire ironisent. Le journal « Le Soir » du 30 décembre 1969 note qu’il y a entre 10 à 25% d’absences dans les entreprises et que des analyses sont en cours dans des laboratoires de référence à Londres. Selon l’estimation du démographe André Lambert (ADRASS), cette grippe de Hong Kong a tué environ 10.000 personnes en Belgique.
Par contre, dans le cas du Coronavirus, dès février 2020, la, machine médiatique moderne se déchaîne dans un incroyable et inédit crescendo où s’entremêlent scientifiques et experts discordants, économistes alarmés, politiciens hilares ou accablés. Avec leurs neuf ministres de la santé, les Belges se rendent compte qu’ils vivent plus que jamais dans un pays surréaliste.
Ils croyaient tout avoir et se retrouvent démunis !
Ils se croyaient libres et se retrouvent confinés. Ils étaient heureux et ne le savaient pas!
« Nous sommes en guerre » répète Macron.
« C’est une grippette » déclare De Block qui en profite pour insulter de « pleurnichard » le personnel des soins de santé.

Nos aînés, jadis fort estimés pour leur sagesse depuis les sociétés primitives, se retrouvent abandonnés face à la pandémie qui les frappe dans la quasi indifférence des pouvoirs publics. « Choix éthique » osent affirmer certains !
On découvre subitement les aspects pervers de la mondialisation. Alors que la grande peste du XIVème siècle avait mis plus de 50 ans à basculer de l’autre côté de la planète, il n’aura fallu que quelques se-maines au Covid-19 pour réaliser ce triste exploit. Voilà la nouvelle grippe dans tous les esprits ! On cherche des coupables. Pour Trump, il faut punir la Chine et l’OMS. Des tas de spécialistes de chauves-souris analysent la trentaine de coronavirus qu’elles hébergent mais toute la difficulté réside dans l’examen des animaux dans leur milieu naturel pour y étudier leurs interactions, la chaîne de transmis-sion.
Chercher en laboratoire ne suffit pas. Il faut chercher les causes en observant les habitudes, la nourri-ture des chauves-souris dans les forêts primaires. Telles fourmis qui se nourrissent des mêmes fruits ne sont-elles pas mangées à leur tour par des pangolins ? Et surtout, il faut traquer les organisateurs de trafics de ces animaux vendus sur les marchés ou en catimini.

Il a fallu des siècles pour comprendre que le bacille de la peste infectait les humains via les puces de rats malades. Vouloir exterminer les chauves-souris friandes de moustiques serait une autre terrible ca-tastrophe. La relation de l’homme à la nature est très complexe et mérite d’être investiguée en perma-nence, pas seulement lorsque une crise majeure éclate !
Quelles leçons peut-on d’ores et déjà retenir de cette pandémie du Coronavirus ?
La crise était prévisible dès janvier 2020 et la Belgique, comme d’autres pays, est restée passive alors que les alertes se multipliaient.
Voici révélés les risques énormes d’une production concentrée dans des pays lointains à faible coût de main d’œuvre.
La confusion a été totale autour des approvisionnements en matériel de soins, des tests, des remèdes éventuels, des méthodes de comptage, de la mise en route du confinement et du déconfinement.
Pourrait-on déboucher sur une prise de conscience pour cesser de courir, pour vivre mieux ? Il faudra par exemple retenir l’efficacité du télétravail et l’inutilité d’un nombre incroyable de réunions physiques.
Le confinement est une arme redoutable, très difficile à manier car elle engendre dégâts sociaux, psychologiques, culturels et économiques.
Comme dans toutes les crises, sortent du lot des personnes lucides, courageuses, tandis que d’autres se révèlent lâches et irresponsables.
Seules la patience, la prudence, la responsabilité de chacun permettent de subsister dans une certaine sérénité.

Nous savons ce qu’il faudra reconstruire mais quand et comment ? Notre Belgique va-t-elle retomber dans ses querelles politiciennes ? Notre Europe fera-t-elle preuve d’ambition, de réelle volonté politique ?
Trouver la réponse adéquate au choc énorme de 2020, concilier les régions et partis de Belgique, harmoniser les positions contradictoires des États européens, voilà des défis aussi périlleux et nécessaires que l’éradication du Coronavirus.
Vos soignants ne demandent pas à être considérés comme des héros. Ils exigent tout simplement le respect et des conditions décentes de travail ! Nos « responsables » vont devoir retricoter après avoir détricoté les Soins de Santé.
Rassurons nos lecteurs : nos 34 avions F-35 sont bien commandés. Mi-février 2020, notre ministre de la « défense » a fait savoir en commission que l’OTAN attendait de la Belgique qu’elle acquière 45 avions au lieu des 34 commandés.
Surtout ne nous fâchons pas car des économies sont en vue qui pourraient être redistribuées pour la Santé : entre 2020 et 2022, le prix du F-35 passera de 108 millions à 101,3 millions de dollars. De toute façon, une heure de vol avec un F-35 coûte à peine 44.000 dollars !

Vite, passez-moi un respirateur !